Jour 1 et 2 Katimavik

Premier arrêt: Whitehorse, Yukon

Au cours des deux dernières journées à Whitehorse nous avons été accueillies à bras ouverts, et nous avons vu à quel point que les organismes dans des petites régions éloignées ont pu bénéficier de l’aide des participants Katimavik et vice versa. Les organismes tel que, the Yukon Conservation Society, Bénévolat Yukon, YukonQuest, Blood Ties, the Victoria Faulkner Women’s Centre, the Yukon Arts Centre, Second Opinion et the Whitehorse Foodbank nous ont expliqué que l’aide offerte par les participants à leur organisme les permettaient de faire des tâches essentielles et des projets que les employés, peu nombreux (dans le cas de bénévolat Yukon il y avait un seul employé), n’ont pas le temps de faire et qui offre de grands bénéfices à long-terme à la communauté.

Pour The Yukon Arts Centre, le bénévolat des participants Katimavik ont aidé à mettre sur pied un site de références numériques, à monter des expositions dans la galerie jeunesse et à connecter le centre sur les réseaux sociaux, ce qui permet au centre de partager leurs projets avec le reste du Yukon et du Canada.  Pour Bénévolat Yukon, les participants Katimavik ont produit des podcasts afin de partager les services et formations offerts par le centre avec les organismes à but non-lucratifs situés dans des régions éloignées du Yukon. Au Yukon Conservation Society, le bénévole de Katimavik a pu monter et restorer la bibliothèque du centre pour que les citoyens de Whitehorse aient accès à des ressources écologiques importantes,  et le bilinguisme des participants a permis la traduction de documents en français. De plus, lors d’une conversation téléphonique, une dame m’a expliqué que les participants de Katimavik jouaient un rôle essentiel dans le montage des festivals locaux et que, sans eux, elle craint qu’il n’y aura personne pour prendre la relève.

Après une matinée de bénévolat au Whitehorse Foodbank, la gérante du centre nous a expliqué à quel point l’aide de deux bénévoles contribue au bon fonctionnement de la banque alimentaire car il leur est difficile de trouver assez de bénévoles disponibles régulièrement. YukonQuest, où le groupede Katimavik  en entier pour aider au déroulement de leur course internationale, craint que cette dernière souffre énormément avec l’absence des bénévoles puisque leur personnel est très réduit. Blood Ties et le Centre pour femmes Victoria Faulkner ont tous les deux soulignés que les participants Katimavik avaient des bonnes interactions avec les utilisateurs des deux centres en plus d’aider avec plusieurs tâches variées en intervention et au niveau administratif.

Les organismes ont mentionné que le bassin de bénévoles au Yukon était difficile à varier, et que les bénévoles permettent réellement de se concentrer sur des projets à long terme.  Katimavik apporte une nouvelle énergie dans la ville et une perspective différente, ce qui bénéficie à tous. Ceci peut faire une grosse différence dans une petite ville, souvent isolée.  De plus, tous les organismes que j’ai eu la chance de rencontrer  ont exprimé que les anciens participants de Katimavik qui ont eu la chance de venir au Yukon ont pu quitter le Territoire avec un bon regard sur de ce que signifie la vie dans le Nord,  un endroit que la plupart des Canadiens ont rarement l’occasion de visiter. Les directeurs et directrices des organismes ont ainsi tous affirmé que les participants Katimavik quittaient  le Yukon avec une expérience de vie inoubliable et un sens d’identité canadienne renouvelée.  Cette nouvelle perspective est ensuite partagée dans les communautés des bénévoles, qui partagent leur héritage avec leurs familles et amis, ce qui nous permet de mieux nous comprendre.

Dans une petite ville comme Whitehorse, la fin de l’arrivée des participants aura sans l’ombre d’un doute un effet sur la capacité des organismes à offrir une variété de services essentiels aux citoyens,  et sur la ville entière.  Ils ont vraiment besoin de ces bénévoles!

 

Journal jour 3: Tournée de solidarité Katimavik

Notre deuxième arrêt de notre Tournée de solidarité nous a emmenés à la ville de Calgary, où nous avons rencontré trois organismes qui déplorent grandement la perte des bénévoles Katimavik.

Le premier organisme que nous avons rencontré est le Portail de l’immigrant de Calgary. La coordinatrice nous a expliqué à quel point les participants de Katimavik ont aidé avec l’organisation des diverses activités dans la communauté francophone de Calgary. De plus, elle a souligné que les participants ayant travaillé au Portail ont eu la chance de s’intégrer dans la communauté immigrante et francophone, ce qui leur a permis de comprendre une nouvelle réalité à laquelle ils n’auraient peut-être pas été sensibilisés autrement. Cette double intégration est essentielle pour briser des tabous et des barrières qui peuvent exister à l’intérieur de notre société.

Le deuxième organisme que nous avons rencontré, le CANAF (Centre d’accueil des nouveaux arrivants francophones), a exprimé qu’ils ont besoin des participants de Katimavik pour faire des tâches comme la réception, la planification des événements et aidaient beaucoup avec le camp d’été francophone pour jeunes. Le directeur nous a expliqué qu’il devait maintenant débourser des frais pour une réceptionniste (des frais que l’organisme ne peut pas facilement défrayer) et qu’il était difficile de trouver suffisamment de bénévoles pour superviser les participants du camp d’été. Une jeune participante de Katimavik qui a fait du bénévolat à ce centre a tellement aimé son expérience au CANAF qu’elle a postulé pour un poste chez eux. Le directeur nous a exprimé aussi son vœu que Katimavik va revenir afin de continuer à servir la communauté.

Pour les organismes francophones à Calgary, qui se disent très sous-financés comparativement aux organismes anglophones, le bénévolat des participants Katimavik permettait de combler partiellement ce sous-financement.

Notre dernière visite à Calgary était au Old Y, un bâtiment qui accueil 28 organismes à but non lucratif dans leurs locaux, et qui a des partenariats avec une quarantaine d’autres. Le coordonnateur du Old Y était très ému lorsqu’il nous racontait son expérience avec Katimavik. Il s’est dit très triste que les jeunes Canadiens n’aient plus la chance de découvrir notre pays, surtout ceux qui venaient des endroits plus isolés. À travers des photos des anciens participants, nous pouvions voir à quel point les participants ont bien utilisé leur temps au Old Y : ils ont participé au maintien du bâtiment patrimonial (qui doit être maintenu par les organismes qui ont très rarement le temps ou les ressources pour le faire), l’organisation des colloques, la planification des campagnes environnementales et sociales, et proposaient leurs propres projets et initiatives lors des rencontres stratégiques de l’organisme.  Lors de notre visite du bâtiment, nous avons découvert l’incroyable jardin que les participants avaient aménagé. Les plantes continueront de pousser et de s’épanouir, et l’héritage de Katimavik continuera de se faire sentir ici. 

 

jour 4 : Lethbridge, Alberta

Pour la quatrième journée de notre tournée de solidarité, nous nous sommes rendues à Lethbridge, en Alberta pour discuter avec un organisme nommé « Youth on 5th » et rencontrer des citoyens de la communauté. Nous y sommes demeurés que quelques heures, mais nous avons fait des rencontres importantes.

« Youth on 5th », un fabuleux organisme qui offre une variété de services en employabilité aux jeunes âgés de 15 à 30 ans est très inquiet de l’effet des conséquences de la main d’oeuvre sur l’offre de services de l’organisme aux citoyens. Les bénévoles de Katimavik ont contribué à accueillir les jeunes qui venaient chercher de l’aide et les aider avec leur recherche d’emploi et la rédaction de leur C.V. . Les participants Katimavik ont été capables de servir les 17 000 jeunes qui fréquentent ce centre et qui sont à la recherche d’emploi.   La coordinatrice du centre a souvent encouragé la créativité et l’initiative des jeunes de Katimavik en leur permettant de créer leur propre projet. Pour le centre, accueillir les bénévoles faisait aussi partie de leur mission d’aider la jeunesse. La coordinatrice se demande quelles sont la stratégie et la vision de notre gouvernement si un tel programme essentiel et valable a été si facilement coupé.

Suite à cette rencontre, nous nous sommes dirigées dans un café pour une rencontre avec les citoyens qui ont participé à Katimavik eux-mêmes, qui ont reçu des participants Katimavik chez eux ou qui avaient des opinions sur la coupure du programme. Ensemble, nous avons discuté de l’effet positif que Katimavik avait sur la jeunesse. Nous avons parlé de l’impact du programme sur les jeunes, qui peuvent découvrir quoi faire avec leur vie, être sensibilisés à d’autres réalités dans autres villes canadiennes, se découvrir, apprendre à habiter avec 10 autres personnes avec des responsabilités domestiques, apprendre une autre langue et apprendre à investir dans la communauté. Une évaluation du programme par les différents organismes à but non lucratif accueillant des participants Katimavik à Lethbridge a démontré que la présence du programme dans leur ville redonnait 116 00$ à leur communauté par année. J’ai beaucoup de difficulté à penser qu’un investissement de 14 millions de dollars ne valait pas la peine de dépenser sur notre jeunesse et nos communautés à travers le Canada, surtout quand il y a un retour pareil seulement dans une petite communauté.  Katiamvik laisse ici un héritage important, et les organismes souhaitent de tout cœur le retour du programme. Ils ont hâte d’accueillir à bras ouverts les prochains bénévoles Katimavik!

Jour 5 : Winnipeg, Manitoba

Nous avons eu une expérience inoubliable au Winnipeg Harvest comme les participants de Katimavik ont sûrement eu. Dès notre arrivée à l’organisme, nous avons été accueillis par le directeur, un homme très chaleureux et souriant. Il nous a fait visité l’organisme et j’ai été émerveillé à quel point, l’organisme offre une multitude de services à la communauté de Winnipeg. Le centre, comme le mentionnait le directeur, reçoit des appels de personnes qui ont besoin d’un dépannage alimentaire et les dirige vers la banque alimentaire la plus proche. Les gens peuvent aussi  récolter leur propres fruit et légume dans un jardin que les jeunes de Katimavik ont contribué à réaliser. L’organisme donne des conseils aux utilisateurs, distribue de la nourriture aux banques alimentaires à travers la ville et même plus loin encore, renseigne les gens sur la santé alimentaire à travers un programme conjoint avec l’Université de Winnipeg et trouve même le temps de sensibiliser la communauté et les politiciens sur les réalités de la pauvreté.

L’organisme espérait comme promis, le gouvernement allait mettre fin à la pauvreté par des mesures correctives, m’a expliqué le directeur, mais malheureusement les gens sont encore forcés d’avoir recours aux banques alimentaires, car le filet social actuel est nettement insuffisant.

Durant mon temps de bénévolat, je me suis rendu compte à quel point les gens étaient heureux de pouvoir redonner leur temps à un organisme qui redonne à la communauté et qui était peut-être là pour les dépanner durant des temps difficiles. Les bénévoles de Katimavik aidaient l’organisme avec de nombreuses tâches selon les intérêts des participants ce qui les permettaient de découvrir leur force et faiblesse. La coordinatrice des bénévoles a mentionné qu’elle est inquiète que la décision de couper Katimavik n’ait pas seulement un effet sur les jeunes qui y participent, mais il limite les options de ces jeunes qui ne sont pas prêts à aller directement à l’école postsecondaire et diminue du même coût l’aide aux organismes qui aident les plus démunies de notre société.

Après notre bénévolat, nous avons écouté des témoignages très éprouvants provenant des gens qui vivaient une pauvreté extrême. Ils nous ont expliqué comment ils se sentaient laissés tombés par notre gouvernement. Ils nous ont expliqué que même s’ils étaient des personnes éduquées et très travaillantes, qu’elles n’arrivaient encore pas à rejoindre les deux bouts. Ils voulaient nous faire comprendre que la pauvreté n’a pas de visage et à quel point ne sommes loin d’éliminer la pauvreté au Canada. Après avoir entendu ces témoignages, je me suis rendu compte à quel point les participants de Katimavik auraient bénéficié et appris de ces échanges durant leur stage au Winnipeg Harvest. J’ai vraiment été touché par mon voyage au Winnipeg Harvest et je suis certaine que les anciens de Katimavik l’auraient été aussi.

La soirée avant ma visite au Winnipeg Harvest, j’ai rencontré plusieurs personnes de la communauté à l’occasion d’une soirée en chanson (la majorité des chansons jouées avaient des paroles politiques) au café Juss Jazz. Plusieurs anciens participants et organismes ont pu exprimer l’effet positif que Katimavik a eu sur leur vie. La radio communautaire francophone a exprimé qu’elle était inquiète pour la survie de la radio sans Katimavik. J’ai aussi rencontré une jeune femme du Québec qui avait déménagé à Winnipeg pour travailler comme journaliste après son placement, quelque chose qu’elle m’a confié qu’elle n’aurait jamais fait sans Katimavik.

Jour 6: Sioux Lookout

Sioux Lookout, une ville d’environ 5000 citoyens, a pu bénéficier du programme Katimavik. Des souvenirs du passage du programme sont visibles partout. Le jardin de l’hôpital, la cabane sur le lac et un mur de roches sont des exemples de réalisations qu’ils ont accomplies durant leur séjour à Sioux Lookout.

Rassemblés autour d’une table lors du “Fish Fry” annuel, les citoyens de tous âges ont  discuté ensemble de leur expérience Katimavik. Pour une petite ville ambitieuse avec peu de citoyens, les participants Katimavik sont essentiels à la ville. Une aînée de 89 ans a pris la peine de venir à ma rencontre, car avant la création du programme, elle avait pensé qu’une telle chose devrait exister. Elle accueillait souvent les jeunes chez elles pour leur enseigner l’histoire de la ville de Sioux Lookout et en échange, les jeunes faisaient des tâches quotidiennes difficiles physiquement pour elle. Elle  était la grand-mère non officielle des participants Katimavik et l’abolition de ce programme la rend très triste.

Les participants Katimavik aidaient dans presque tous les organismes de Sioux-Lookout avec une grande variété de tâches. Les organismes craignent qu’ils ne soient plus capables de trouver un nombre suffisant de bénévoles, car la population est tellement petite et il y a seulement un nombre restreint de bénévoles dans la communauté. L’arrivée des participants Katimavik donnait aussi de la nouvelle énergie à  la ville et aux organismes.

 

Une ancienne participante de Katimavik, qui a décidé de rester à Sioux Lookout après avoir terminé le programme cette année, m’a expliqué que son temps à Sioux Lookout lui a permis de comprendre la réalité des peuples autochtones dans le nord de l’Ontario. Depuis ce temps, tout en travaillant à la maison pour les sans-abri, elle continue d’apprendre ce que vivent les communautés autochtones à Sioux Lookout et les effets des écoles résidentielles a eu sur ces communautés (il y a eu une école résidentielle à Sioux Lookout jusqu’en environ 1970). Il y a beaucoup trop peu de jeunes qui auront la chance de comprendre le traumatisme qu’a vécu ces peuples sans pouvoir voyager à des endroits comme Sioux Lookout à travers des programmes comme Katimavik. Cette partie de l’histoire est essentielle à notre compréhension du Canada.

 

Journal Katimavik: jour 7

 

Aujourd’hui nous avons terminé la première partie de notre tournée dans l’Ouest du pays à Hamilton, ON , avec mon collègue Wayne Marston, des anciens participants et un organisme qui accueillait Katimavik : la banque alimentaire. L’organisme nous a expliqué que dans la ville de Hamilton, où un enfant sur quatre vie dans la pauvreté, les participants de Katimavik jouaient un rôle essentiel pour améliorer l’offre des services. De plus, le directeur a soulevé que très peu de gens sont sensibilisés à la réalité économique de la ville de Hamilton, ce qui était possible avec ce programme. Toutes les personnes présentes à la rencontre étaient en accord avec le fait que les jeunes de Katimavik étaient très intégrés dans la population et toujours prêts à aider.

 

Les anciennes participantes présentes à la rencontre étaient de tous les âges, mais pouvaient toutes dire qu’elles ont bien profité de leur expérience Katimavik. Le programme leur a permis d’être des citoyennes engagées, d’apprendre le français, de découvrir leurs forces et faiblesses et leur à permis de mieux orienter leur future. Elles se disent très attristées par la possibilité que les futures générations ne puissent pas avoir une telle expérience.

 

J’ai appris tellement de choses pendant cette première partie de ma tournée, et j’ai pu bien comprendre l’impact national du programme Katimavik. J’ai complété mes témoignages pour le moment, mais je vous invite à surveiller la suite de ma tournée solidarité dans l’est qui va se dérouler vers la fin de mois d’août.   Et j’aimerais remercier du fond du cœur toutes les personnes et organismes qui ont pris le temps, malgré leur horaire chargé, de nous rencontrer pour nous partager la nature unique et l’importance du programme pour les communautés de toutes les tailles, de tous les lieux, et qui vivent avec des enjeux différents.

 

 

Chers supporteurs de Katimavik,

J’aimerais d’abord vous remercier sincèrement pour votre implication dans notre opération de sauvetage de Katimavik. J’aimerais vous mettre au courant des derniers développements concernant notre action en Chambre.

Depuis le mois d’avril, nous avons épuisé les moyens législatifs à notre disposition, et nous préparons l’offensive sur le terrain. En somme, nous avons :

  1. Déposé une motion à la Chambre des communes, qui sera soumise à un vote cet automne, et qui demande de réinstaurer le financement de Katimavik;
  2. Nous avons posé une question en Chambre à James Moore, qui nous a répondu que couper le financement de Katimavik était une des décisions les plus faciles qu’il avait prises depuis qu’il était ministre. Je ne suis pas satisfaite de sa réponse, alors nous aurons un débat plus important le 18 septembre prochain;
  3. Nous avons participé à une manifestation sur la Colline en compagnie du groupe des anciens de Katimavik le 23 avril dernier, et au rassemblement pancanadien du 21 juillet dernier à Montréal;
  4. Nous avons quotidiennement déposé sur les bureaux de James Moore et Jim Flaherty une copie de vos témoignages;
  5. Chaque jour où j’étais présente à la Chambre, j’ai déposé des pétitions que j’ai reçues. Je les dépose en paquet de 25 signatures (minimum requis), et je pourrai continuer à le faire quotidiennement jusqu’à la mi-octobre. Tant que j’en recevrai, je continuerai à les déposer. Et, le gouvernement a l’obligation de répondre à ces pétitions officielles

Cette tournée, qui a pour objectif de rencontrer les jeunes, les anciens du programme, leurs familles, les supporteurs et les organismes qui ont bénéficié de leur bénévolat, permettra à la population canadienne d’être sensibilisée à l’impact positif de ce programme. Je crois que cesser de financer ce programme a des conséquences dévastatrices pour certaines communautés, dont les organismes comptaient sur les centaines d’heures de bénévolat de ces jeunes pour opérer

Je vous invite à vous joindre à moi lors de rencontres que j’organise afin de vous rencontrer :

Whitehorse, YK 6 août à 17:30 En face du Best Western Gold Rush, 411 Main Street
Lethbridge, AB 9 août à 18:30 Round Street Café, 427 5 Street South
Winnipeg, MB 10 août à 18:30 à 21:00 Juss Jazz, 240 Portage Avenue, Winnipeg
Sioux Lookout, ON 11 août à 18:30 Plage de la ville lors des festivités
Hamilton, ON 12 août à 19:00 Mulberry Street Coffee House, 193 James Street North
Toronto, ON 13 août de 16:30 à 19:00  Annulé

Je me sens privilégiée de vous représenter à la Chambre des communes; vos témoignages m’ont énormément touchée, le travail que toutes ces personnes ont fait, à travers le Canada afin de ramasser les pétitions que nous avons reçues me donne une énergie incroyable pour continuer. Avant cette campagne, j’y croyais. Maintenant, je le vois, et j’y crois au plus profond de moi-même, car vous m’avez inspirée.

Charmaine

Jour 1 et 2 Katimavik

 

Premier arrêt: Whitehorse, Yukon

 

Au cours des deux dernières journées à Whitehorse nous avons été accueillies à bras ouverts, et nous avons vu à quel point que les organismes dans des petites régions éloignées ont pu bénéficier de l’aide des participants Katimavik et vice versa. Les organismes tel que, the Yukon Conservation Society, Bénévolat Yukon, YukonQuest, Blood Ties, the Victoria Faulkner Women’s Centre, the Yukon Arts Centre, Second Opinion et the Whitehorse Foodbank nous ont expliqué que l’aide offerte par les participants à leur organisme les permettaient de faire des tâches essentielles et des projets que les employés, peu nombreux (dans le cas de bénévolat Yukon il y avait un seul employé), n’ont pas le temps de faire et qui offre de grands bénéfices à long-terme à la communauté.

 

Pour The Yukon Arts Centre, le bénévolat des participants Katimavik ont aidé à mettre sur pied un site de références numériques, à monter des expositions dans la galerie jeunesse et à connecter le centre sur les réseaux sociaux, ce qui permet au centre de partager leurs projets avec le reste du Yukon et du Canada.  Pour Bénévolat Yukon, les participants Katimavik ont produit des podcasts afin de partager les services et formations offerts par le centre avec les organismes à but non-lucratifs situés dans des régions éloignées du Yukon. Au Yukon Conservation Society, le bénévole de Katimavik a pu monter et restorer la bibliothèque du centre pour que les citoyens de Whitehorse aient accès à des ressources écologiques importantes,  et le bilinguisme des participants a permis la traduction de documents en français. De plus, lors d’une conversation téléphonique, une dame m’a expliqué que les participants de Katimavik jouaient un rôle essentiel dans le montage des festivals locaux et que, sans eux, elle craint qu’il n’y aura personne pour prendre la relève.

 

Après une matinée de bénévolat au Whitehorse Foodbank, la gérante du centre nous a expliqué à quel point l’aide de deux bénévoles contribue au bon fonctionnement de la banque alimentaire car il leur est difficile de trouver assez de bénévoles disponibles régulièrement. YukonQuest, où le groupede Katimavik  en entier pour aider au déroulement de leur course internationale, craint que cette dernière souffre énormément avec l’absence des bénévoles puisque leur personnel est très réduit. Blood Ties et le Centre pour femmes Victoria Faulkner ont tous les deux soulignés que les participants Katimavik avaient des bonnes interactions avec les utilisateurs des deux centres en plus d’aider avec plusieurs tâches variées en intervention et au niveau administratif.

 

Les organismes ont mentionné que le bassin de bénévoles au Yukon était difficile à varier, et que les bénévoles permettent réellement de se concentrer sur des projets à long terme.  Katimavik apporte une nouvelle énergie dans la ville et une perspective différente, ce qui bénéficie à tous. Ceci peut faire une grosse différence dans une petite ville, souvent isolée.  De plus, tous les organismes que j’ai eu la chance de rencontrer  ont exprimé que les anciens participants de Katimavik qui ont eu la chance de venir au Yukon ont pu quitter le Territoire avec un bon regard sur de ce que signifie la vie dans le Nord,  un endroit que la plupart des Canadiens ont rarement l’occasion de visiter. Les directeurs et directrices des organismes ont ainsi tous affirmé que les participants Katimavik quittaient  le Yukon avec une expérience de vie inoubliable et un sens d’identité canadienne renouvelée.  Cette nouvelle perspective est ensuite partagée dans les communautés des bénévoles, qui partagent leur héritage avec leurs familles et amis, ce qui nous permet de mieux nous comprendre.

 

Dans une petite ville comme Whitehorse, la fin de l’arrivée des participants aura sans l’ombre d’un doute un effet sur la capacité des organismes à offrir une variété de services essentiels aux citoyens,  et sur la ville entière.  Ils ont vraiment besoin de ces bénévoles!

 

Journal jour 3: Tournée de solidarité Katimavik

 

Notre deuxième arrêt de notre Tournée de solidarité nous a emmenés à la ville de Calgary, où nous avons rencontré trois organismes qui déplorent grandement la perte des bénévoles Katimavik.

 

Le premier organisme que nous avons rencontré est le Portail de l’immigrant de Calgary. La coordinatrice nous a expliqué à quel point les participants de Katimavik ont aidé avec l’organisation des diverses activités dans la communauté francophone de Calgary. De plus, elle a souligné que les participants ayant travaillé au Portail ont eu la chance de s’intégrer dans la communauté immigrante et francophone, ce qui leur a permis de comprendre une nouvelle réalité à laquelle ils n’auraient peut-être pas été sensibilisés autrement. Cette double intégration est essentielle pour briser des tabous et des barrières qui peuvent exister à l’intérieur de notre société.

 

Le deuxième organisme que nous avons rencontré, le CANAF (Centre d’accueil des nouveaux arrivants francophones), a exprimé qu’ils ont besoin des participants de Katimavik pour faire des tâches comme la réception, la planification des événements et aidaient beaucoup avec le camp d’été francophone pour jeunes. Le directeur nous a expliqué qu’il devait maintenant débourser des frais pour une réceptionniste (des frais que l’organisme ne peut pas facilement défrayer) et qu’il était difficile de trouver suffisamment de bénévoles pour superviser les participants du camp d’été. Une jeune participante de Katimavik qui a fait du bénévolat à ce centre a tellement aimé son expérience au CANAF qu’elle a postulé pour un poste chez eux. Le directeur nous a exprimé aussi son vœu que Katimavik va revenir afin de continuer à servir la communauté.

 

Pour les organismes francophones à Calgary, qui se disent très sous-financés comparativement aux organismes anglophones, le bénévolat des participants Katimavik permettait de combler partiellement ce sous-financement.

 

Notre dernière visite à Calgary était au Old Y, un bâtiment qui accueil 28 organismes à but non lucratif dans leurs locaux, et qui a des partenariats avec une quarantaine d’autres. Le coordonnateur du Old Y était très ému lorsqu’il nous racontait son expérience avec Katimavik. Il s’est dit très triste que les jeunes Canadiens n’aient plus la chance de découvrir notre pays, surtout ceux qui venaient des endroits plus isolés. À travers des photos des anciens participants, nous pouvions voir à quel point les participants ont bien utilisé leur temps au Old Y : ils ont participé au maintien du bâtiment patrimonial (qui doit être maintenu par les organismes qui ont très rarement le temps ou les ressources pour le faire), l’organisation des colloques, la planification des campagnes environnementales et sociales, et proposaient leurs propres projets et initiatives lors des rencontres stratégiques de l’organisme.  Lors de notre visite du bâtiment, nous avons découvert l’incroyable jardin que les participants avaient aménagé. Les plantes continueront de pousser et de s’épanouir, et l’héritage de Katimavik continuera de se faire sentir ici. 

 

 

jour 4 : Lethbridge, Alberta

 

Pour la quatrième journée de notre tournée de solidarité, nous nous sommes rendues à Lethbridge, en Alberta pour discuter avec un organisme nommé « Youth on 5th » et rencontrer des citoyens de la communauté. Nous y sommes demeurés que quelques heures, mais nous avons fait des rencontres importantes.

 

« Youth on 5th », un fabuleux organisme qui offre une variété de services en employabilité aux jeunes âgés de 15 à 30 ans est très inquiet de l’effet des conséquences de la main d’oeuvre sur l’offre de services de l’organisme aux citoyens. Les bénévoles de Katimavik ont contribué à accueillir les jeunes qui venaient chercher de l’aide et les aider avec leur recherche d’emploi et la rédaction de leur C.V. . Les participants Katimavik ont été capables de servir les 17 000 jeunes qui fréquentent ce centre et qui sont à la recherche d’emploi.   La coordinatrice du centre a souvent encouragé la créativité et l’initiative des jeunes de Katimavik en leur permettant de créer leur propre projet. Pour le centre, accueillir les bénévoles faisait aussi partie de leur mission d’aider la jeunesse. La coordinatrice se demande quelles sont la stratégie et la vision de notre gouvernement si un tel programme essentiel et valable a été si facilement coupé.

 

Suite à cette rencontre, nous nous sommes dirigées dans un café pour une rencontre avec les citoyens qui ont participé à Katimavik eux-mêmes, qui ont reçu des participants Katimavik chez eux ou qui avaient des opinions sur la coupure du programme. Ensemble, nous avons discuté de l’effet positif que Katimavik avait sur la jeunesse. Nous avons parlé de l’impact du programme sur les jeunes, qui peuvent découvrir quoi faire avec leur vie, être sensibilisés à d’autres réalités dans autres villes canadiennes, se découvrir, apprendre à habiter avec 10 autres personnes avec des responsabilités domestiques, apprendre une autre langue et apprendre à investir dans la communauté. Une évaluation du programme par les différents organismes à but non lucratif accueillant des participants Katimavik à Lethbridge a démontré que la présence du programme dans leur ville redonnait 116 00$ à leur communauté par année. J’ai beaucoup de difficulté à penser qu’un investissement de 14 millions de dollars ne valait pas la peine de dépenser sur notre jeunesse et nos communautés à travers le Canada, surtout quand il y a un retour pareil seulement dans une petite communauté.  Katiamvik laisse ici un héritage important, et les organismes souhaitent de tout cœur le retour du programme. Ils ont hâte d’accueillir à bras ouverts les prochains bénévoles Katimavik!

 

Jour 5 : Winnipeg, Manitoba

 

Nous avons eu une expérience inoubliable au Winnipeg Harvest comme les participants de Katimavik ont sûrement eu. Dès notre arrivée à l’organisme, nous avons été accueillis par le directeur, un homme très chaleureux et souriant. Il nous a fait visité l’organisme et j’ai été émerveillé à quel point, l’organisme offre une multitude de services à la communauté de Winnipeg. Le centre, comme le mentionnait le directeur, reçoit des appels de personnes qui ont besoin d’un dépannage alimentaire et les dirige vers la banque alimentaire la plus proche. Les gens peuvent aussi  récolter leur propres fruit et légume dans un jardin que les jeunes de Katimavik ont contribué à réaliser. L’organisme donne des conseils aux utilisateurs, distribue de la nourriture aux banques alimentaires à travers la ville et même plus loin encore, renseigne les gens sur la santé alimentaire à travers un programme conjoint avec l’Université de Winnipeg et trouve même le temps de sensibiliser la communauté et les politiciens sur les réalités de la pauvreté.

 

L’organisme espérait comme promis, le gouvernement allait mettre fin à la pauvreté par des mesures correctives, m’a expliqué le directeur, mais malheureusement les gens sont encore forcés d’avoir recours aux banques alimentaires, car le filet social actuel est nettement insuffisant.

 

Durant mon temps de bénévolat, je me suis rendu compte à quel point les gens étaient heureux de pouvoir redonner leur temps à un organisme qui redonne à la communauté et qui était peut-être là pour les dépanner durant des temps difficiles. Les bénévoles de Katimavik aidaient l’organisme avec de nombreuses tâches selon les intérêts des participants ce qui les permettaient de découvrir leur force et faiblesse. La coordinatrice des bénévoles a mentionné qu’elle est inquiète que la décision de couper Katimavik n’ait pas seulement un effet sur les jeunes qui y participent, mais il limite les options de ces jeunes qui ne sont pas prêts à aller directement à l’école postsecondaire et diminue du même coût l’aide aux organismes qui aident les plus démunies de notre société.

 

Après notre bénévolat, nous avons écouté des témoignages très éprouvants provenant des gens qui vivaient une pauvreté extrême. Ils nous ont expliqué comment ils se sentaient laissés tombés par notre gouvernement. Ils nous ont expliqué que même s’ils étaient des personnes éduquées et très travaillantes, qu’elles n’arrivaient encore pas à rejoindre les deux bouts. Ils voulaient nous faire comprendre que la pauvreté n’a pas de visage et à quel point ne sommes loin d’éliminer la pauvreté au Canada. Après avoir entendu ces témoignages, je me suis rendu compte à quel point les participants de Katimavik auraient bénéficié et appris de ces échanges durant leur stage au Winnipeg Harvest. J’ai vraiment été touché par mon voyage au Winnipeg Harvest et je suis certaine que les anciens de Katimavik l’auraient été aussi.

 

 

La soirée avant ma visite au Winnipeg Harvest, j’ai rencontré plusieurs personnes de la communauté à l’occasion d’une soirée en chanson (la majorité des chansons jouées avaient des paroles politiques) au café Juss Jazz. Plusieurs anciens participants et organismes ont pu exprimer l’effet positif que Katimavik a eu sur leur vie. La radio communautaire francophone a exprimé qu’elle était inquiète pour la survie de la radio sans Katimavik. J’ai aussi rencontré une jeune femme du Québec qui avait déménagé à Winnipeg pour travailler comme journaliste après son placement, quelque chose qu’elle m’a confié qu’elle n’aurait jamais fait sans Katimavik.

 

Jour 6: Sioux Lookout

 

Sioux Lookout, une ville d’environ 5000 citoyens, a pu bénéficier du programme Katimavik. Des souvenirs du passage du programme sont visibles partout. Le jardin de l’hôpital, la cabane sur le lac et un mur de roches sont des exemples de réalisations qu’ils ont accomplies durant leur séjour à Sioux Lookout.

 

Rassemblés autour d’une table lors du “Fish Fry” annuel, les citoyens de tous âges ont  discuté ensemble de leur expérience Katimavik. Pour une petite ville ambitieuse avec peu de citoyens, les participants Katimavik sont essentiels à la ville. Une aînée de 89 ans a pris la peine de venir à ma rencontre, car avant la création du programme, elle avait pensé qu’une telle chose devrait exister. Elle accueillait souvent les jeunes chez elles pour leur enseigner l’histoire de la ville de Sioux Lookout et en échange, les jeunes faisaient des tâches quotidiennes difficiles physiquement pour elle. Elle  était la grand-mère non officielle des participants Katimavik et l’abolition de ce programme la rend très triste.

 

Les participants Katimavik aidaient dans presque tous les organismes de Sioux-Lookout avec une grande variété de tâches. Les organismes craignent qu’ils ne soient plus capables de trouver un nombre suffisant de bénévoles, car la population est tellement petite et il y a seulement un nombre restreint de bénévoles dans la communauté. L’arrivée des participants Katimavik donnait aussi de la nouvelle énergie à  la ville et aux organismes.

 

Une ancienne participante de Katimavik, qui a décidé de rester à Sioux Lookout après avoir terminé le programme cette année, m’a expliqué que son temps à Sioux Lookout lui a permis de comprendre la réalité des peuples autochtones dans le nord de l’Ontario. Depuis ce temps, tout en travaillant à la maison pour les sans-abri, elle continue d’apprendre ce que vivent les communautés autochtones à Sioux Lookout et les effets des écoles résidentielles a eu sur ces communautés (il y a eu une école résidentielle à Sioux Lookout jusqu’en environ 1970). Il y a beaucoup trop peu de jeunes qui auront la chance de comprendre le traumatisme qu’a vécu ces peuples sans pouvoir voyager à des endroits comme Sioux Lookout à travers des programmes comme Katimavik. Cette partie de l’histoire est essentielle à notre compréhension du Canada.

 

Journal Katimavik: jour 7

 

Aujourd’hui nous avons terminé la première partie de notre tournée dans l’Ouest du pays à Hamilton, ON , avec mon collègue Wayne Marston, des anciens participants et un organisme qui accueillait Katimavik : la banque alimentaire. L’organisme nous a expliqué que dans la ville de Hamilton, où un enfant sur quatre vie dans la pauvreté, les participants de Katimavik jouaient un rôle essentiel pour améliorer l’offre des services. De plus, le directeur a soulevé que très peu de gens sont sensibilisés à la réalité économique de la ville de Hamilton, ce qui était possible avec ce programme. Toutes les personnes présentes à la rencontre étaient en accord avec le fait que les jeunes de Katimavik étaient très intégrés dans la population et toujours prêts à aider.

 

Les anciennes participantes présentes à la rencontre étaient de tous les âges, mais pouvaient toutes dire qu’elles ont bien profité de leur expérience Katimavik. Le programme leur a permis d’être des citoyennes engagées, d’apprendre le français, de découvrir leurs forces et faiblesses et leur à permis de mieux orienter leur future. Elles se disent très attristées par la possibilité que les futures générations ne puissent pas avoir une telle expérience.

 

J’ai appris tellement de choses pendant cette première partie de ma tournée, et j’ai pu bien comprendre l’impact national du programme Katimavik. J’ai complété mes témoignages pour le moment, mais je vous invite à surveiller la suite de ma tournée solidarité dans l’est qui va se dérouler vers la fin de mois d’août.   Et j’aimerais remercier du fond du cœur toutes les personnes et organismes qui ont pris le temps, malgré leur horaire chargé, de nous rencontrer pour nous partager la nature unique et l’importance du programme pour les communautés de toutes les tailles, de tous les lieux, et qui vivent avec des enjeux différents.